Thérapie génique

En 1989 les premiers essais de thérapie génique commençaient chez l’homme. Cette thérapie concernait une maladie rare, le déficit immunitaire combiné sévère par déficit en adénosine désaminase (SCID-ADA).

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Unité Inserm 768 "Développement normal et pathologique du système immunitaire". Alain Fischer et son équipe expliquent leurs recherches. Hôpital Necker, Paris. Les films unité, production Inserm/La Prod. 2008. Durée : 3 min 6.

En 2008, 1 472 essais de thérapie génique sont en cours dans le monde, dont 39 en France. La thérapie génique a pour but d'introduire chez un patient la copie normale du ou des gènes déficients responsables de sa maladie, ou bien de modifier l’expression du ou des gènes délétères impliqués dans une pathologie.

On distingue deux sortes de maladies génétiques : les maladies monogéniques et les maladies multifactorielles. Les maladies monogéniques sont dues à la mutation d’un seul gène. On estime aujourd’hui qu’il en existe près de 6 000 : près d’un enfant sur 100 naît avec une maladie génétique inscrite dans son génome. Beaucoup de ces maladies sont désormais connues du grand public comme la mucoviscidose, les myopathies, la chorée de Huntington, l’anémie falciforme… Les maladies multifactorielles sont plus complexes, mais beaucoup plus répandues : elles sont dues à l’association de plusieurs gènes et à des facteurs environnementaux.

Dans le traitement des maladies monogéniques ou "orphelines", la thérapie génique consiste le plus souvent à remplacer un gène déficient par un gène sain. Cela suppose plusieurs étapes : repérer la mutation défectueuse, cloner des gènes de remplacement jouant le rôle d’"ADN-médicament", obtenir une expression stable de ces gènes dans les cellules. Pour placer le gène-médicament, on utilise des vecteurs capables de pénétrer les cellules et de faire pénétrer leur ADN dans le noyau. Ces vecteurs sont en général des virus dont on a désarmé le potentiel infectieux, comme les rétrovirus ou les adénovirus.

© Inserm, JT Vilquin - Coupe transversale du muscle squelettique de souris. Un gène qui exprime une protéine colorée en bleu a été introduit dans des cellules précurseur de muscle, les myoblastes. Le but de ces recherches vise la reconstitution, par thérapie génique, de muscle normal chez des patients souffrant de myopathie. On distingue en brun plusieurs jonctions neuromusculaires.

Coupe transversale du muscle squelettique de souris.

Depuis quelques années, la recherche biomédicale a gagné en finesse d’intervention sur les gènes. Le saut d’exon, par exemple, consiste en une microchirurgie du gène où, au lieu de le remplacer entièrement, on se contente de modifier très légèrement les informations utiles à son expression (modification de lecture des exons lors du processus d’épissage, qui permet de produire une protéine).

La thérapie génique est associée dans l’imaginaire contemporain à des maladies rares et monogéniques : elle représente en effet souvent le seul espoir pour ces pathologies invalidantes, au pronostic souvent sombre. Mais dans les essais en cours à travers le monde, les cancers arrivent en tête des indications (65,2 %), suivis des pathologies cardiovasculaires (9,3 %), des maladies monogéniques (8,2 %), des maladies infectieuses (7,6 %) et des maladies neurologiques (1,2 %). La thérapie génique, comme toute innovation, a besoin de temps pour se développer, les antibiotiques, les transplantations d’organes ou les anticorps monoclonaux ont demandé de nombreuses années avant de parvenir à maturité.


Pour aller plus loin

Les associations de malades

Actualité

Communiqués de Presse

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Alain Fischer, Grand Prix de la Recherche médicale 2008

Revues

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Marina Cavazzana-Calvo, Prix de Recherche clinique et thérapeutique 2006

Sites

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Zone de conservation cryogénique d'échantillons à la plateforme - Centre de thérapie cellulaire et génique de l'unité Inserm 891 "Centre de Recherche en Cancérologie de Marseille, Institut Paoli-Calmettes, Marseille

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