Cancer de la prostate

Glande génitale masculine située dans le bassin, sous le col vésical, la prostate entoure l’urètre sur quelques centimètres, à la sortie de la vessie et juste devant le rectum. En forme de châtaigne, elle ne pèse pas plus de 20 grammes

La prostate sécrète le liquide séminal, entrant dans la composition du sperme, et joue donc un rôle important dans la reproduction. Avec l’âge, le volume de la prostate tend à augmenter. La principale cause d’hypertrophie de la prostate est l’adénome : il s’agit d’une maladie sans gravité, mais qui nécessite toutefois d’être traitée par médicament ou chirurgie. La présence d’un adénome est sans lien avec la probabilité de développer ultérieurement un cancer.

Le cancer le plus répandu en France

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Machine Ablatherm permettant la destruction du cancer de la prostate par ultrasons focalisés de forte intensité

Le cancer de la prostate est de loin le cancer le plus fréquent chez l'homme, avec 71 500 nouveaux cas diagnostiqués en 2010. Il est le quatrième en termes de mortalité, avec 8 790 décès estimés. C'est le cancer dont l'incidence a le plus augmenté ces 25 dernières années, sans doute en bonne partie du fait du vieillissement de la population. L'âge est en effet le principal facteur de risque du cancer de la prostate (avec un âge moyen de diagnostic : 71 ans). Deux autres facteurs augmentent la probabilité de survenue : les antécédents familiaux précoces (moins de 55 ans) dans les parents au premier ou deuxième degré ; l’origine géographique des populations (l’Afrique subsaharienne et les Antilles ont des prévalences supérieures à la moyenne).

Symptômes, dépistage

Le cancer de la prostate a souvent une évolution lente, longtemps asymptomatique (en dehors de gênes urinaires communes avec l’adénome) : ainsi, de nombreux patients l’ignorent pendant des années. Il peut cependant évoluer vers des formes plus agressives, parfois débuter par elles.
Un diagnostic précoce est gage de réussite du traitement pour les formes non indolentes. Généralement averti par son patient de dysfonctionnements urinaires - impossibilité de se retenir (impériosité mictionnelle), diminution de la force du jet (dysurie), besoin fréquent d’uriner (pollakiurie), voire impossibilité totale de la miction -, le médecin traitant réalise un examen clinique (toucher rectal) et prescrira un dosage du PSA. A un stade plus avancé, le cancer de la prostate peut produire du sang dans le sperme, des douleurs osseuses ou des fractures fréquentes : autant de symptômes exigeant une consultation médicale urgente.

Le dosage PSA
Le terme "PSA" est l'abréviation de Prostatic Specific Antigene, antigène spécifique de la prostate. Cette molécule n'est fabriquée que par cette glande et son dosage, à partir d'une simple prise de sang, permet d'évaluer l'état de la prostate. Son taux normal est inférieur à 4 ng/ml. Plusieurs facteurs peuvent conduire à une augmentation de PSA : l’âge, une infection de la prostate ou la présence de cellules cancéreuses.

A ce jour, la Haute Autorité de Santé rappelle qu’il n’y a pas de démonstration robuste du bénéfice d’un dépistage du cancer de la prostate en population générale par dosage de PSA, que ce soit en termes de diminution de la mortalité ou d’amélioration de la qualité de vie.

Des traitements adaptés à l’agressivité de la tumeur

Les formes peu agressives de cancer, localisées dans la prostate seule, sont guéries dans 80 % des cas. Trois traitements sont possibles : la chirurgie par incision ou cœlioscopie (résection partielle ou totale de la prostate et les vésicules séminales), la radiothérapie externe (séances de 20 à 30 minutes sur plusieurs semaines) et la curiethérapie (implantation de plusieurs dizaines de grains radioactifs dans la prostate, efficaces pendant plusieurs mois pour "brûler" la tumeur).
Pour les formes agressives du cancer produisant des métastases, on prescrit une hormonothérapie visant à neutraliser l’hormone masculine (testostérone) dont dépend notamment la progression de la tumeur : agonistes ou les antagonistes de la LH-RH, anti-androgènes En cas de mauvaise réponse, une chimiothérapie est tentée, avec notamment les dérivés de l'if (taxanes).

Dépistage par l’antigène spécifique de la prostate (PSA) chez les hommes considérés "à haut risque"
En avril 2012, la Haute Autorité de Santé a publié, à la demande de la Direction Générale de la Santé (DGS), un rapport sur l’identification des facteurs de risque de survenue de cancer de la prostate et la pertinence d’un dépistage par dosage de l’antigène spécifique prostatique (PSA) auprès de populations d’hommes considérées comme "à haut risque". Ce rapport conclut qu’ "il n’y a pas de preuve suffisante pour justifier une telle stratégie de dépistage". La HAS souligne néanmoins l’importance de poursuivre la recherche sur des tests performants, avec l’identification de marqueurs permettant de distinguer les formes agressives de ce cancer de celles dont la lente évolution n’aura pas d’impact sur la vie des patients.

Pour plus d’informations sur le cancer de la prostate, consulter également le dossier de l’Institut national du cancer

Pour aller plus loin

Actualité de la recherche

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Unité Inserm 800 "Rôle des canaux ioniques membranaires et du calcium intracellulaire dans la physiopathologie de la prostate". Université des sciences et technologies de Lille, Villeneuve d'Ascq.

Expertises collectives

Cancers. Pronostics à long terme (2006)

Les associations de malades

A lire également

Livres

  • Le cancer de la prostate - 100 questions-réponses
    Collection 100 questions-réponses, 220 pages, 16 euros - Editions EDP Sciences, 2007
  • Cancer de la prostate : Guide à l'usage des patients et de leur entourage
    224 pages, 15 euros - Editions Bash, 2006

Liens utiles

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